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dimanche 14 novembre 2010

Dimanche poétique # 51

Cette semaine a eu un goût de nostalgie, mais je ne saurais vous dire pourquoi. Voici donc un poème appris dans mes jeunes années... dont je me rappelle toujours...


Ma bohème

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot soudain devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal;
Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!

Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!

Arthur Rimbaud


Bon dimanche à vous !

(j'essaie de faire un bilan de vos participations dès que possible)

5 commentaires:

MyrtilleD a dit…

J'adore cette poésie et j'ai récemment eu le plaisir de la relire, avec ma fille qui devait l'apprendre. Chez moi la nostalgie est d'un autre genre, avec une petite comptine que j'aimais bien.

Merci pour la liste!

L'or des chambres a dit…

J'aime beaucoup Rimbaud... Merci !

bookworm a dit…

MyrtilleD : ce poème est superbe ;)

L'or des chambres : avec plaisir :)

claudialucia ma librairie a dit…

Comme il était idéaliste et beau le jeune Rimbaud! Comme ses rêves ont tourné court quand on connaît la suite!

bookworm a dit…

Claudialucia : heureusement il nous reste sa poésie...